<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000</id><updated>2011-10-03T15:26:18.269+02:00</updated><title type='text'>CONFETTIS - Ceci n’est pas un laboratoire !</title><subtitle type='html'>Ceci n’est pas un laboratoire.
Ceci n’est pas une liasse brouillonne.
Ceci est un tas de perforations de papiers multiples.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>13</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116435850784899612</id><published>2006-11-24T09:50:00.000+01:00</published><updated>2006-11-24T14:04:49.276+01:00</updated><title type='text'>Apothéose du dormeur réveillé</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6845/4133/1600/154854/vesuve.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6845/4133/200/670310/vesuve.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Un matin encore, au réveil. C’est en exécutant ce geste quotidien –le lever, en ces instants que je considère comme les plus désagréables du jour, que se produisent les événements majeurs de mon existence. Invétéré lève-tard, c’est un fait, je subis les révélations d’envergure de bonne heure et au tomber du lit ; de préférence, triste constat, bien avant d’avoir l’opportunité de passer en état de veille dignement, dans le calme convenant à si délicate affaire… Matin donc, je ronfle allègrement dessous l’oreiller pour prévenir toute incidence de la caserne de pompiers voisine sur la qualité de mon repos. Je m’étire dans les songes, remue paresseusement les membres, ronronne pour moi-même du parfait confort égoïste produit par le sommeil lourd. Et bug ! Hurlement. Cri perçant le blindage du douillet duvet supposé insonorisant. On m’attaque en traître, plein mon talon d’Achille, sans pitié alors que je suis à poil à roucouler, sans défense sciant d’admirables bûches ! Batterie de hurlements, orgues de Staline, furie aiguë de décibels à bout portant m’écrabouillent sans sommation l’ouïe, les tympans. Quiétude knock-out, grasse matinée tuée dans l’œuf. Pas les sapeurs ni les éboueurs mais Madame. Qui d’autre pourrait, je ne me connais pas d’ennemi si vache. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un instant, je doute, me pince : Madame, justement parce qu’elle est ma belle élue, ne briserait pas ainsi la bonne entente, notre saint pacte de non-agression commune des premières heures. Elle matinale, moi non plus, on sait faire avec depuis notre second réveil ensemble. Amour oui, mais respect dans les différences. Tolérance d’abord. A elle le surmenage, la parlotte, la frénésie communicative, les chansons sous la douche et l’entrain fabuleux généré par les premiers rayons de soleil. Pour moi le silence, la pondération brumeuse, la lenteur, la mise en marche ultra-progressive, les grognements introspectifs jusqu’à la troisième tasse de café incluse et la douche passée. Une fois seule depuis que je partage ma vie avec Madame une désastreuse intersection de nos modes matinaux respectifs  s’est produite. Carambolage, accident du tonnerre. Une fois unique : le premier matin. Aussitôt, on s’est entendus, mis au parfum pour toujours. Total respect ! et à chacun son horloge… Clause exceptionnelle ? L’urgence, le pépin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce samedi, ce matin, les rugissements stridents qui m’achèvent m’invitent à une déduction immédiate en raison de la clause sus-mentionnée : pépin. Sous l’oreiller, glacé entre les deux feux de terreur d’être ainsi tiré du lit et qu’il soit arrivé quelque fait ignoble au bercail, je lance ma raison de réserve, ma mémoire virtuelle capable en toutes circonstances de lister les données utiles à la prise de décision sur le vif. Sujet ? Madame. Provenance ? Salle de bain. Heure ? non déterminée. Destinataire ? ma pomme. Puis, mis en branle par automatisme de sécurité, je tente une surface pour affiner les renseignements. Une paupière, deux : heure ? probablement pas encore huit heures ! Je dresse la tête, libérant du coup mes deux organes auditifs de la protection fournie par l’oreiller : degré d’urgence ? très élevé ! Bien cela, Madame hurle à mon adresse depuis la salle de bain ; à en juger par les basses fréquences, il est probable qu’elle arpente ce faisant le carrelage en un terrible va et vient. Je me redresse carrément dans le lit. Un nouveau retour ? Non, ça va, suis parfaitement normalement dans les choux pour l’heure, sans la moindre envie autre que de regagner pour le finir correctement mon doux somme. Alors quoi, le feu ? je sens que dalle. Non, non, sûr c’est Madame et qu’elle seule. Bobo ? Gros bobo ? S’est amputée d’un orteil en se limant les ongles ? Ebouillantée par sa tasse de thé qu’elle prend en même temps que son bain ? Apparition intempestive d’un cafard, d’une araignée ? S’est-elle éborgnée à coup de mascara ? S’est-elle finalement brûlé l’arrière-train par une application excessive de lotion activation super-tonique de la régénération cellulaire caféinée anti-peau d’orange ? A pris le flacon anti-calcaire pour son démaquillant ? Là, assis en pleine agression sonore, je comprends la gravité du moment mais suis encore trop fraîchement deshiberné. Je me monte une galerie d’images tout à fait gores traitant des châtiments pouvant être infligés à une femme qui cherche à trop  vouloir prendre soin de son corps… C’est connu, biblique, péché capital ! …la colère du lavabo, l’épilateur qui se rebelle, les masques de nuit furieux, les rouges à lèvres rendus assassins, le fond de teint devenu venimeux… Tout l’outillage, l’effarant attirail encombrant les étagères de la salle d’eau subitement hostile, manipulé pour punir Madame par d’invisibles mains démones ! Vrai qu’il y a de quoi faire ! pinceaux, cisailles en tous genres, vitamines, enzymes, oligo-éléments, essences, acides, potions, diluants, pierres-ponce, vernis, j’en passe. Dangereux de s’improviser apprenti-sorcière, de jouer avec la nature ; en certains temps c’était très hérétique ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lui dis pourtant à Madame, qu’elle est très convenante, que dis-je sublime, dans son plus simple apparat. C’est malheureux de pas pouvoir mettre le nez dehors s’il est pas à point saupoudré, de pas savoir aller se promener en forêt sans s’être au préalable lavé, après-shampouiné, trois fois rincé, reteinté, puis laborieusement séché les cheveux. Je trouve et dis à Madame : pas très naturel, manque de simplicité ! Elle est très belle comme ça, faut pas tenter le diable, tirer par les cheveux, se tirer de trop à quatre épingles… Les cuisses, culs et autres sur papier glacé, c’est chiqué via Photoshop ; les kilos à perdre reviennent avec les beaux jours, les ventres plats sont pour après Noël… tu parles de scoops, si je connais le poème ! Encore heureux que Madame soit tombée sur un fauché, parce que les méthodes high-tech  ruineuses à souhait courent littéralement les rues : adolescentes de dos, sexagénaires en face ; les adresses ne manquent pas pour se faire électro-pomper, micro-onduler, laseriser, fibro-dérider, silico-sculpter. Pas besoin d’aller jusque là, on peut se ravager avec les moyens du bord ! L’échelle des soins de beauté est élastique comme une gaine amincissante. Et voilà, pour Madame conjointe d’un gus aux revenus décents mais moyens, ça tourne mal, faut rendre compte quand même elle a pas un lifting à son actif. Un matin comme d’autres quand on a trop abusé des miroirs de poche et des onguents miracle, on s’attife, on récure, on se prépare mille fois mieux que sa première poupée Barbie et vlan,  la séance se transforme en un petit jugement dernier… Les cieux se vengent de la mascarade, décident de descendre un peu corriger la marionnette. La main de dieu qui recoiffe, ça doit avoir son effet ! Là, Madame, par exemple, elle regrette ses fautes à gorge déployée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais non, ni trompettes ni cornes de la Bête, Madame fait irruption dans la chambre, pas ensanglantée, pas priante ni plus pieuse que d’ordinaire. Pas coiffée, pas arrangée. Une sirène, ce matin, ma tendre, façon pompier plutôt que marine ! Elle me tousse au visage en retroussant large les babines, m’évente de ses mots irréversibles, me secoue de sa panique :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- « Rudolf… Je-suis-en-cein-te… EN-CEIN-TE ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Corsée tirade. Arabica pas coupé. Essence de concentré d’expresso ! L’Apocalypse reléguée petit lait, nuage mièvre et freluquet dans l’ouragan. Ca, du réveil ! De quoi égayer la monotonie matinale… Au souvenir seul, je frissonne, sue, me ronge les sens peaux et ongles ensemble. Mais sur l’instant, empâté dans mes fantasmagories chrétiennes, droit sur la couette, la strophe de Madame, le machin fatidique en plastique qu’elle me brandit sous le nez en guise de preuve irréfutable et ses airs d’Amazone désarçonnée, tout cela me soulage. Infiniment. Je glousse un gros, un languissant ouf cependant que mes vertèbres relâchent une à une leur tension et que l’oreiller me récupère. Ouf. Que ça. A moi le douillet duvet des plumes encore et encore… écoutilles fermeture toutes ! plongée ! fausse alerte ! retour aux songes ! Pas même je ne prends le temps de lui exprimer mon émotion, à Madame. Elle s’en trouve d’ailleurs si émue pour son compte, que je l’entends très vaguement déguerpir en scandant son incrédulité dans la quiétude du samedi matin regagné. Elle enceinte, moi dodo.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116435850784899612?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116435850784899612/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116435850784899612&amp;isPopup=true' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116435850784899612'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116435850784899612'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/apothose-du-dormeur-rveill.html' title='Apothéose du dormeur réveillé'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116289083094444564</id><published>2006-11-07T10:12:00.000+01:00</published><updated>2006-11-07T19:40:38.716+01:00</updated><title type='text'>Gérard Rondeau, un Leica au pied de la lettre...</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/rondeaug.0.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/rondeaug.0.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Reporter et portraitiste, grand voyageur et champenois invétéré, collaborateur du Monde , Gérard Rondeau est un inconditionnel amoureux des mots. Dans le cadre du Mois de la photo à Paris, une exposition, Chroniques d’un portraitiste, lui est consacrée au Lycée Louis-le-Grand jusqu’au 16 février 2007. Il y a deux ans, nous avons rencontré Gérard Rondeau chez lui, en Champagne. En lieu de galerie, le photographe nous a reçu dans son appartement - une vaste bibliothèque. Portrait d'un portraitiste, son inséparable Leica au pied de la lettre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gérard Rondeau voyage. A travers les mots. Il y a des livres, celles et ceux qui les écrivent ; il y a les mots, leurs origines ; et puis le mot, écrit ou pas, prononcé ou tu, le mot en vadrouille, tout indépendant, très volatile – semblant rire au nez de qui cherche à l'attraper... Celui-là, Gérard Rondeau le chasse comme pour épingler un papillon rare. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Le mot, c'est le voyage... Pour le mouvement, nul besoin d'aller loin !». Le photographe déclare tandis qu'on est tenté de sourire en déroulant sa bibliographie où les négatifs d'une kyrielle d'écrivains (1) succèdent aux planches contact de contrées plutôt exotiques – des Indes à Bucarest en passant par les pays Baltes, New-York, le Maroc ou la Bosnie en guerre... Mais sans rire, Rondeau insiste sérieusement : par le mot, grâce au verbe, le photographe voyage, capte, transperce, découvre, met à jour, révèle. Une goulée de vin de Champagne, une latte de plancher qui grince, la pellicule poussiéreuse masquant la couverture du XVème volume des Œuvres complètes d'Antonin Artaud qu'une paume experte efface... C'est un curieux homme de l'image recevant dans sa bibliothèque. Le mot, voilà, partout ! en lieu de tirages argentiques. Parce que Rondeau, installé dans la ville où René Daumal, Roger Gilbert Lecomte et leurs comphrères établirent les règles du Grand Jeu, ne peut se passer du verbe comme de son vieux Leica. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est écrit (2), par exemple, n'est pas un album de photos, mais un livre véritable. Au fil des pages, Rondeau déterre, déboise, débroussaille, décortique, saisit, arrache des mots de partout et nulle part, puis les flanque là devant l'œil, les propose à lecture. Des mots péchés dans sa Champagne, en campagne – une pierre tombale, des bandes d'écriteaux à intitulés étranges, un coin d'antique réclame, trois lignes malines d'un registre vinicole, quatre lettres perchées sur la tête d'un château d'eau...Le livre n'est qu'images ; lettres, mots et images... ne lui manque que la parole !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gérard Rondeau, qui se revendique « photographe amateur », au sens premier s'entend, s'approprie les mots qu'il rencontre ou déniche. «Comme pour l'écrivain, dit-il, c'est un travail dans l'instant. La photo et le mot peuvent pareillement inciter des imaginaires multiples selon le moment où on les reçoit...». Des mots, Rondeau garde toutes les facettes, comme les chemins divers qui mènent à eux : écrivains – dont il fige les expressions depuis vingt-cinq ans (3), journaux et revues – auxquels il collabore depuis ses débuts, livres – qui sont devenus la principale vitrine de ses travaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Les mots, le langage, permettent le jeu et l'évasion tout en soulevant le doute... derrière un mot se cachent mille interrogations... ». Gérard Rondeau ne se lance pas par hasard, Sur les traces du Grand Jeu (4), ne choisit pas par seule opportunité de célébrer Un ardennais nommé Rimbaud (5). Son regard parle, invite à lire plus qu'à regarder ses images. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans Les fantômes du chemin des dames (6), où l'objectif de Rondeau accompagne l'écrivain Yves Gibeau dans son quotidien retiré, le photographe se dévoile. Au-delà de l'amitié unissant les deux hommes, à lire entre les manuscrits jaunis et les images d'images, les non-dits pesants ou légers et la fureur des vestiges de la Grande Guerre, point encore la fascination pour le mot. Ce photographe atypique, comme l'écrit Christian Caujolle, nous offre une lecture insolite : « il y a tout près de nous, autour de nous, un immense livre que nous ne lisons jamais ». Ce livre, ciselé de paroles lumineuses, de propos éphémères, de lettres à la dérive, de verbes silencieux, Gérard Rondeau ne cesse de l'écrire, avec ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Gérard Rondeau a, entre autres, collaboré avec Yves Gibeau, Jean Vautrin, Bernard Noël, Christian Caujolle, Daniel Rondeau, Zlatko Dizdarevic, Bernard Frank, André Velter, Alice Becker-Ho à l'occasion de différents ouvrages. &lt;br /&gt;(2) C'est écrit, La Nuée Bleue 1999, photographies extraites de l'exposition « Autour de l'écrit ».&lt;br /&gt;(3) Mario Vargas Llosa, Dominique le Guilledoux...Gérard Rondeau prépare une rétrospective pour Le Monde, sur 20 ans de portraits à travers le monde, ainsi qu'une exposition et un ouvrage à l'occasion des 25 ans de Médecins du Monde.&lt;br /&gt;(4) Sur les traces du Grand Jeu, exposition à Reims, février 2004.&lt;br /&gt;(5) Un ardennais nommé Rimbaud, avec André Velter, Actes Sud 2003.&lt;br /&gt;(6) Les fantômes du chemin des dames – le presbytère d'Yves Gibeau, Le Seuil 2003.&lt;br /&gt;Portrait de Gérard Rondeau par Olivier Roller (http://olivier.roller.free.fr)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116289083094444564?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116289083094444564/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116289083094444564&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116289083094444564'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116289083094444564'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/grard-rondeau-un-leica-au-pied-de-la.html' title='Gérard Rondeau, un Leica au pied de la lettre...'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116248974028657356</id><published>2006-11-02T18:30:00.000+01:00</published><updated>2006-11-02T18:49:00.940+01:00</updated><title type='text'>Trolley bucarestois</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/14main_2001.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/14main_2001.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Autre soir, comme je prenais le trolley quatre-vingt dix, celui qui part de Piata Delfine  pour aller vers la Piata Universitate puis Gradina Cismigiu, une vision étrange.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tranquillement assis, absorbé comme souvent par l’extérieur qui défile, je ne remarque pas le bonhomme qui se lève et s’appuie sur les caisses de batteries situées à l’avant-gauche de l’engin. Sous les néons qui hoquettent, deux ou trois passagers seulement dont un tzigane crasseux qui crache de temps à autres et une dame d’une soixantaine, les traits bas, les épaules lasses des sacs qu’elle traîne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, un homme s’est levé et approche. Il porte un chapeau de feutre gris à petits bords. Parvenu à environ un mètre, il me fait un large signe du bras, comme s’il décrivait un huit horizontal dans l’air puis s’assied, à mon niveau mais sur la gauche. Je le remarque: visage creusé, d’épais sourcils en bataille, grands yeux aux commissures plissées et dont les pupilles lancent des éclats fixes . Lèvres pincées comme s’il se les mordait. Une écharpe effilochée kaki lui noue le cou à la manière d’une minerve et il porte une veste de laine étriquée, encore droite quoique datant probablement de l’après-guerre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’interroge du regard et il rit. L’homme se met à rire bouche close et son rire, saccadé, bizarrement aigu, comme venu de toute sa chair, a des consonances métalliques. Puis, il tourne aussitôt la tête d’un autre côté, et encore d’un autre; un canard cherchant à désigner les points cardinaux ne s’y prendrait pas d’une façon tellement différente. Moi, je continue de le regarder, considérant sa vieille allure où chaque élément n’est que vieillesse. A nouveau il rit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le trolley tremble et grince. L’homme se lève et interpelle avec les mêmes gestes la dame aux sacs. Le gitan crache. Une fraction de seconde, la dame croise mes yeux et esquisse un sourire -des yeux seulement, l’air de me dire: “Ca va, vous avez compris vous aussi, n’est-ce pas?”. Nous passons une église et l’étrange individu se signe (rien d’anormal à cela; pratique relativement courante en Roumanie, chaque fois que l’on croise un édifice religieux) “à l’envers”, comme le font les orthodoxes. Arrêt. La dame et le tzigane descendent. Lui, revient s’asseoir à ma gauche, mais plus avant. Il tousse, rit encore, puis, subitement attrape sa rotule et la masse. Il se baisse avec peine, toujours en riant, et entreprend de retrousser le bas de son pantalon, comme pour rehausser sa chaussette. Effectivement, il la tire. Mais, continuant de relever le pantalon, l’homme dévoile une farce noire. Une cheville, puis un galbe tout en cuir cousu-main; plus haut, une rotule en résine blanche qu’il réajuste à l’aide d’un large élastique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A dire vrai, je m’attendais à cet instant qu’il frappe à sa prothèse comme à une porte, qu’il affiche clairement un état de déséquilibré... Mais non, rien. Il s’est remis à se signer et à rire, deux fois, trois fois.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116248974028657356?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116248974028657356/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116248974028657356&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116248974028657356'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116248974028657356'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/trolley-bucarestois.html' title='Trolley bucarestois'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116248557613817318</id><published>2006-11-02T17:30:00.000+01:00</published><updated>2006-11-02T17:39:41.880+01:00</updated><title type='text'>Los Trenta y tres de la Plata</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/cine6.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/cine6.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Sachet torpillé, perlinpinpin. Antipodes du marchand de sable et de ses remèdes à deux sous en coin de couette. Du frisson bien local garanti là ! Pas de la bière qui balonne, pas du pinard niaisement pleureur pour somelière sainte nitouche. Hombres! de la caillasse qui réveille et met en appétit pour n’importe quelle danse ! Snnnfff… out les nez qui coulent pour rien, les mauvaises odeurs : le rhume à présent dévoilé – grand sommatisme social absolument sommatique. Là-dedans que ça se passe, les foutaises ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus blanc que blanc, je vous amène ça au grand lavage, ça va rincer intégral les petits soucis, les maux minus... Eclatante candeur de suite surgissant du sachet pour percer l’âme en direct, plus court de tous les chemins rédempteurs ! Ca y’en avoir etre polymédicament, hombres, universalo big and complete solution ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un petit petit petit sac sorti des poubelles, quasi offert par une vieille madre maquerelle de quatre gamins dont un aveugle au fin fond de la ville vieille. Cadeau, hombres, si, si ! Par révérence, pouvez aligner quelques pesos, juste par geste, comme ça on se quitte beaux sourires et planez bien dessus mon intègre bénédiction ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nasales ablutions – c’est l’hygiène décapante qui prévoit et flingue dans l’oeuf la moindre bactérie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Foudre ; épilepsie épique. Et qui se plaint ? Quel suçoteur d’obscur qawah osera se froisser d’un bon coup de pompe dans la gueule ? Quelle becteuse d’amphés d’enfer posera plainte pour subite agression insomniaque ? Du vingt minutes à l’heure, pas plus raisonnable...  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas vu pas pris. Sport national spécial crise : guérir d’abord les têtes d’élite qui ont dérouillé en banque, en bourse, coûte que coûte. Version soft à venir, si la base sage se terre et consent aux génériques foireux – premiere classe pour la cour des miracles... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En bas, juste on fait semblant, on commerce avec les yeux : pas touche à l’or blanc ! Crânes vides, dentitions impeccables, vierges, quelques doux solvants. Vadrouilles vaines, veilles interminables sans pansements. Depuis la boue froide, installés en rangs d’oignons successifs, ceux-là comme matant la télé couleur. Et, ceux autres sauve-qui-peut sans science autre que celle du lavement incessant : prise sur prise sur prise, puis à terre et par-ici s’en vont. Le dernier éteindra la lumière dans un grand claquement de dents ! Et s’il en a et si c’est pas tout déjà rongé, pas depuis des lustres maudique souvenir dentaire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hombres, sabre au clair, mort aux sobres fanfarons, aux patients adultères ! Unis par le vrai remède jusqu’au sang rance, par nos dieux grabataires ! Foutons la crise en grammes, grillons-la live dedans nos têtes – ligne droite étant le plus court chemin. Inspiration meurtrière de grands maux ! Tous en choeur en l’air ! Et que vivent les vents qui vont vers l’intérieur, ratissant la misère par l’immaculé flocon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amen.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116248557613817318?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116248557613817318/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116248557613817318&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116248557613817318'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116248557613817318'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/los-trenta-y-tres-de-la-plata.html' title='Los Trenta y tres de la Plata'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116242491619369098</id><published>2006-11-02T00:41:00.000+01:00</published><updated>2006-11-02T00:59:48.213+01:00</updated><title type='text'>Jeudi bar'</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/Pessoa.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/Pessoa.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marianne, depuis notre coin, rangeant ses nouvelles lunettes, nous incite, met du coeur à l’affaire : viens, on va se joindre à eux. La table à côté, ça les dérange un brin, une once les soulage qu’on arrive avec nos grosses bottes. Après tout, pour ça qu’on est venus. De la rencontre, de l’interactif pour de vrai. Je comptais sonder, Marianne tranche. On s’installe. On pousse, ça se décale, avec force petits bruissements à peine gênés, moues peu discrètes, étonnement d’apparat. On arrive, nous y sommes ! Dans son manteau rococo, sa tignasse blonde sortie d’une baie bretonne, Marianne fait peu couleurs locales. Harnaché dans mon corset spécial hernie discale, épinglé célibataire d’un soir et récent re-fumeur, je fais pas vraiment l’as non plus. On a tous trente piges bas mot, parfois nettement delà, l’assemblée, les contents comme les autres. De nous voir, comme ça rassemblés, un rien penauds, beaucoup pincés, il faut avouer : on réalise l’envers du décor. Pas grande fierté, ni virilité, ni féminisme exacerbé à la traîne. Rien ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s’occupe, se rapproche, on tente, inespérés, bêtes devant l’âge et la douleur... Sages comme des images, cul entre deux chaises bistrot cradingues, dessus le plastique des tables trop larges, on commande des demis de bière médiocre presque en s’excusant. Le rade étant ce soir portugais, le serveur, énième contrefaçon d’un Che Gevara petite semaine assurant haut et fort son assurance immature, demande si on souhaite des beignets de poisson. Marianne, lâchée, soudain de retour à elle-même, feinte l’allusion grotesque à une marque productrice de bâtonnets au colin panés, se rattrape in extremis avant de paraître tout à fait ridiculement son âge et parvient à une maladroite demande d’accras de morue. Sauce chien avec ? non ? Non, on est pas dans les îles et les colonies n’ont plus grande cote. Soit, Portugal n’est pas Port au Prince. Allons pour les beignets. Avec de la charcuterie et du fromage, allons donc...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le houblon piètre coule, deux tubes néons fin de vie clignent dans les cieux. Le troquet étant localisé en zone prioritairement bobo, on l’a pourvu d’une sorte d’arrière salon ouvert sur salle, mi-bibliothèque à bandes dessinées, mi-coin télé. Sur un clic-clac de molesquine craquelée, une brochette de quidams perclus semble rivaliser d’efforts pour s’intéresser à la retransmission neigeuse d’exploits footballistiques quelconques. Qui du clan bleu, du vert, des bicolores abrutis détalant d’un versant à l’autre de l’écran derrière le minuscule point blanc du billard, a rusé fin, taclé avec tact, hors joué par exprès... etc. C’est affligeant de commentaires qui servent à rien, ça tente, depuis le canapé miteux, d’imposer des vertus d’expert mors-moi-le-noeud, d’envoyé spécial à Caen un dimanche après-midi d’avril pour une partie de douzième division disputée contre Dieppe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Figées sur deux tabourets détournés du zinc, deux amazones boutonneuses et dodues qui n’ont rien à voir avec des grues de luxe tentent d’émettre quelques précisions inutiles aux déplorables propos. La gent vaguement masculine, depuis de grasses tignasses d’épagneul pas toiletté, n’osant probablement pas se gausser et suivre ainsi à la lettre les préceptes des mômans monoparentalissimes auto-libérées qui les ont éduqués à l’abri de la cause mâle, ne rechignent pas, approuvent, entrent volontiers en causerie sportive partagée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si nous n’étions pas très bons du fond, je dis à Marianne, ni occupés à nouer avec notre entourage imposé, on pourrait se laisser aller à dépeindre la scène, à nous aussi commenter. On pourrait, sous réserve d’étanchéité raisonnable à tout enclin aux pensées politiquement correctes, rire une brindille et conter à quel point ce rade portugais, sans jeux de mots mièvres, casse pas des briques et manque de mortier. On dirait plus loin que les craintes à l’égard de la maçonnerie sont dénuées de fondement et qu’en termes de relève, à en juger par les générations présentes, on peut fermer l’oeil avec toute sa conscience, que tout sentiment de paranoïa relatif à une élite intellectuelle, gangrène de toutes sources de pouvoir, est vraiment exagéré. Frères maçons, s’il en va des matchs retour miteux comme des plans de l’architecte, de la finesse des mousses de votre bibine comme de votre compas dans l’oeil, nous avons en revanche du mouron à nous faire pour la qualité de nos habitations futures !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116242491619369098?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116242491619369098/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116242491619369098&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116242491619369098'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116242491619369098'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/jeudi-bar.html' title='Jeudi bar&apos;'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116240429824894885</id><published>2006-11-01T18:55:00.000+01:00</published><updated>2006-11-01T19:10:04.916+01:00</updated><title type='text'>Manikarnika Ghât</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/fumee.3.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/fumee.3.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Passés les hordes de sadhus, de barbiers, de barboteurs, bateliers et escrocs en tous genres qui sévissent le long des ghâts de la vieille ville, on accède à Manikarnika -petite base en retrait et à l’ombre de hautes bâtisses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bois, bois partout, des cendres. Une meute de chiens en furie déboule, poursuivant un rebelle canin; puis, quatre buffles. Le tout animal se jette dans les eaux sacrées. Un troupeau de poissons-chats vient sucer les fourrures, les poils. Odeur de volaille grillée... (Gangika Fried Chiken) fumées et crépitements; nous y sommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un vaste balcon sur lequel se tiennent les membres masculins des familles des défunts -tous vêtus de blanc; impassibles ou penchés comme curieux aux balustrades -ici larmes interdites. Sur les escaliers qui mènent au Gange, quatre cadavres attendent leur tour de broche sous le kâgnard, enveloppés dans des linceuls dorés et reposant sur des brancards en bambou. Quatre bûchers flambent. Dans l’un, ne reste qu’un crâne parmi les bûches (boule de carbone dont seule la tension des traits rappelle qu’elle fût tête). Second vide -vient d’être allumé; troisième, un homme s’affaire à l’aide d’une perche de bambou: à grands coups, il brise du cadavre. Au bout d’un tibias calciné, un reste de chair, un semblant de peau, un pied. Le reste impossible à identifier, sinon une cuisse oubliée d’abord par les flammes et dont le sang se met subitement à grésiller. Dernier bûcher où l’on vient de déposer le bénéficiaire, le préposé au ciel via les cendres. Au fur et à mesure, le feu désagrège le suaire cependant qu’il ronge le dos et toute la partie postérieure du corps. On découvre d’abord des orteils, un pied puis deux et puis qui flambent. Fumées grasses, la tête se montre en même temps que le reste, un coup de vent faisant voler ce qui subsiste du suaire: une femme (simple affirmation d’ailleurs, ne reposant que sur de menues observations...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une escorte de femmes descend les marches et l’on entend non pas des sanglots, mais des hurlements de douleur. Il s’agit d’une mère faisant ses adieux à son fils (Note: les épouses n’ont désormais plus accès aux lieux de crémation, car trop d’entre elles étaient tentées par les flammes...). Les lamentations maternelles; l’estomac du fiston qui éclate comme un ballon gonflé aux gaz d’échappement; les spectateurs du balcon; moi dans un coin; le Gange en ogre liquide et sacrement affamé... Rien de sordide cependant. Tout semble terriblement  ordinaire . La pudeur de nos enterrements occidentaux -dits civilisés- m’apparaît soudainement grotesque, davantage absurde que ce qui se passe ici. Ici où la vie s’achève en fumée; une fumée qui, osons le dire, n’est nullement nauséabonde...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116240429824894885?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116240429824894885/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116240429824894885&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116240429824894885'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116240429824894885'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/manikarnika-ght.html' title='Manikarnika Ghât'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116240252188217103</id><published>2006-11-01T18:34:00.000+01:00</published><updated>2006-11-01T19:07:32.250+01:00</updated><title type='text'>Pall Mall (sans filtre)</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/medium03_01_ROU_moissons_hongr.1.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/medium03_01_ROU_moissons_hongr.1.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Tom descendit les trois échelons, sauta au terre et ajusta sa salopette de jean dont les bretelles ne pendaient qu’à un fil. Essuyant du revers de sa paume calleuse la suée qui témoignait sur son front du jour de labeur achevé et poussant arrière sa casquette des Jets, il gonfla les joues, cracha et entreprit d’étirer ses croissantes vertèbres en faisant quelques pas. Le champ, gauche droite et tous horizons, éclatait sous les dernières blondeurs de la journée. Bon dieu, déjà fin juillet rumina-t-il tout haut de sa voix cassée, deux semaines encore et ce damné maïs risque de me racketter jusqu’à la moelle, s’il n’est pas fichu à l’ombre… Tom tira de la poche tombante de son poitrail un mouchoir tout en contournant le mastodonte rouge dont il venait de descendre, et en sortit son paquet froissé de Pall Mall. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En dépit des vannes lancées par les fermiers confrères lorsqu’il était jeune et fréquentait avec eux le Seven tears les samedi soirs, il choisissait toujours des paquets souples. Pourvu qu’ça soit pratique, qu’mes sèches soient fumables après la trime, y peuvent donc jaser les culs terreux, m’la faire avec leurs idées drôles de chique virile et de roulades à léchouiller… Et de fait, après avoir distribué à foison quelques torgnoles ajustées et alternativement essuyé une série de plâtres témoignant de la rudesse de certains experts du coin en différends de bars, Tom avait fini par gagner son bon droit. Depuis qu’il avait passé par son trentième anniversaire et divorcé de sa seconde compagne, Tom fumait son choix en paix, chaque samedi jusqu’à pas d’heure, sans être plus jamais inquiété à ce sujet par ses connivences autochtones. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, assumer la souplesse d’emballage contre la rigidité, le tabac blond contre le brun, les toutes prêtes contre les à rouler, n’était pas d’emblée de tout repos. La cambrousse regorge d’a priori dictés par les publicitaires mieux encore que la ville, songeait Tom lorsque chroniquement, faisant l’objet d’une boutade peu fine lancée par un saisonnier, il levait un sourcil blasé avant de fondre sur le quidam éméché pour lui conter à quel point son amour pour le sexe masculin se résumait à une franche dérouillée. Des coquins qui se croient bourrés d’malice, il en vient toujours par là, grommela Tom en allumant son clope et en tapotant sur l’aile énorme de la moissonneuse. Sortant le bout de sa langue et se débarrassant de quelques brins de tabacs en crachotant, il poursuivit son soliloque par plaisir, satisfait de pouvoir déverser plein champ de ces petites choses qui minent sans en avoir l’air le quotidien d’une existence rectiligne. Enfants d’salauds ignares, pots d’chambrées hagards, qu’est-ce qu’ils ont besoin d’porter croyance en pareilles balivernes ! Encore si j’avais pas connu ma Betsy, puis ma Lisbeth, ça s’comprendrait, je ferais pas crâne dur contre leurs simagrées. On pourrait, en douce, m’appeler l’oiseau voile et vapeur, ben sans autoriser l’affront, j’pardonnerais bon cœur. Mais ça, là, des crasseux qui m’chatouillent le sentiment et l’orgueil pour cause de mes clopes, de la qualité du carton ; ce ramassis de peignés qui vient m’chanter à moi de l’allusion véreuse à mes préférences intimes parce que je fume comme j’aime… tsss… sais pas laisser, ça nan… !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tom soupirait en tirant sur son mégot. La machine écarlate, elle aussi, fumait encore des douze heures de jardinage colossal qu’elle venait d’effectuer. Outre le cliquetis impromptu des rouages de l’engin en train de refroidir, le silence laissait entendre, entre deux tirades murmurées du fermier, la combustion crépitante du tabac. Le champ était de tous bords ininterrompu, si vaste qu’en levant l’œil on apercevait au loin la ligne courbe rappelant la forme terrestre revendiquée par Galilée. Tom se foutait du globe, ignorait tout de Pise et de ses fameuses boules de plomb ; l’astronomie, pour lui, se résumait à un tas de balivernes mises au point à grand renfort de singeries médiatiques pour épater le chaland, ébahir le badaud.. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu’on s’en cogne, pas vrai, lâcha-t-il à destination de la cabine de l’engin qui se détachait sur le couchant telle une tête monstrueuse, de savoir qu’elle est ronde et qu’elle tourne ?! … pas besoin d’un rital pour nous mettre au parfum, pour nous coller la caboche dedans les étoiles ! Ils ont qu’à se ramener en Louisiane, ces freluquets amateurs de choses complexes, ratisser un peu mon champ, passer une semaine à la fraîche pour mater les comètes… Bon dieu, et dire qu’on me traîte encore pour mes manières tabagiques ! Que demain encore, j’vais devoir m’en aller tomber sur du pas malin qui sait pas tenir sa langue… Sornettes de salon d’thé ça quand même ! Achevant le tour de la moissonneuse, Tom inhala une ultime bouffée. Le mégot était brûlant, à point pour être lâché. Avant de se débarrasser du minuscule cylindre jaunissant, il tendit son bras engourdi pour examiner les infimes lettres brunes porteuses de la sa marque préférée. Tom se racla la gorge, se baissa jusqu’au sol hérissé de pousses coupées ras et y déposa délicatement le mégot comme on mène un nouveau né à son berceau. Il se redressa, haussant les épaules et bravant des yeux sans cligner l’astre rougeoyant qui achevait sa course quotidienne, il écrasa la chose du talon de sa botte. Puis, regagnant dans les hauteurs l’habitacle poussiéreux, avant de mettre le contact, Tom remballa son paquet mou dans le mouchoir en songeant, cette fois en son fort intérieur, que sans aucun doute certaines coquettes tarlouzes s’humectaient les babines et s’enflaient le poumon avec des brunes. Que les paquets rigides pouvaient convenir à bien des femelles. Que toute ce merdier finirait un jour par exploser au journal de vingt heures.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116240252188217103?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116240252188217103/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116240252188217103&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116240252188217103'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116240252188217103'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/pall-mall-sans-filtre.html' title='Pall Mall (sans filtre)'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116238347338293613</id><published>2006-11-01T13:16:00.000+01:00</published><updated>2006-11-01T14:11:30.850+01:00</updated><title type='text'>Montevideo, un six novembre...</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/Vest.Amar..jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/Vest.Amar..jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, accompagne Roberto chez l’un de ses élèves. Pédopsychiatre d’une petite cinquantaine, « non lacanien » selon sa propre qualification et inconditionnel admirateur de Pessoa.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’efforce de lier l’exercice de sa profession à… la littérature et la poésie en particulier. « Au lieu de potasser des bouquins techniques et autres manuels de pointe tout droit venus des Etats-Unis, chaque praticien devrait lire le Livre de l’intranquillité ; on y apprend des choses bien utiles… »… Et le docteur de m’expliquer comment, selon lui, la poésie sert à unir les parents autour de leur progéniture, à panser les traumatismes de tout petits bouts… Brave bonhomme aux propos sensés et réfléchis, manifestement et fort heureusement amoureux du métier. Me cause aussi pas mal de l’Argentine, de Buenos Aires et surtout des « puertenos »… Là, pas ses faveurs ! Sont arrogants, friqués, refaits plastiquement sous toutes coutures, sont bruyants, ultra exigeants, dominateurs, colonisateurs, se prennent partout pour les maîtres de la planète, imposent leur langue, causent avec les mains davantage même que les italiens et… revendiquent haut et fort Punta del Este et Colonia !!! « N’importe quel chat se croisant dans un miroir voit un chat ; un chat de Buenos Aires, lui, voit sans complexe un tigre ! ». Et voilà nos amis occidentaux du Rio de la Plata habillés pas qu’un peu pour l’hiver par un psy montbéliarde !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout d’une heure de séance – hé une fois n’est pas coutume, le psy règle notre ami le professeur et nous nous retirons ravis de pouvoir passer à table.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soirée d’hier mouvementée. La Ronda où nous arrosons et où je fais connaissance avec trois photographes connues qui sont en pleine réunion « professionnelle d’études de possibilités financières » (sic !). Nous arrosons encore, avec abondance. Roberto, qui s’interdit l’alcool, troque vite ses chopes de coca pour de larges tournées de vin blanc. Arrivée d’Eduardo en compagnie de choc. Parmi les convives, un metteur en scène et un journaliste d’El Pais, avec lequel j’engage une houleuse causerie à propos de Borges – l’incontournable et monstrueux. Les tournées fusent, s’enchaînent, les gars s’émèchent sacrément. On tire à vue – quoi je n’apprécie pas Beckett ?! Picolesques engueulades, pitreries qui impressionnent notre pauvre Roberto (qui se demande si ça ne va pas finir en franche baston : vrai que la barbouze journalistique commence tôt à me les briser menues). Le mec d’El Pais complètement pété me lance qu’il écrit aussi de la fiction, que Borges est son Guide et seul inspirateur, que le journalisme est « la tombe de l’écrivain », blabla… Je lui demande sa rubrique (« ciudades ») et lui rétorque qu’il s’est alors choisi un chouette parking souterrain bien en-dessous du genre sépulture. Grincements, rires noirs, nouvelle tournée. Le bar ferme. Bon. Roberto s’enfuit, cuit cuit. Ha. On va chercher maintenant quelque chose à se mettre dans le nez. D’accord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Taxi direction vieille ville coin sud. Le duo bourré, le chauffeur du taxi bourré. Ca roule un peu lent, pas sûr si les phares y sont ou non. Un coup oui un coup non. Un peu dangereux. Bon. Ca tourne, on arrive à côté du port. Joli paysage quand même ; me demande souilla pourquoi je suis là. Ca y est on trouve la rue, le metteur en scène aux traits colombiens, haut comme trois pommes et aux airs de pouvoir jouer du coupe-coupe au moindre coup de peste, sort titubant de la bagnole, se vautre. Le chauffeur se gausse avec le journaleux à présent plus trop frais du tout. Des ombres s’approchent, le colombien hurle à tout va, titube gauche et droite – sait plus où crèche son dealer ! Les ombres lui filent un coup de main, le rentrent dans un gouffre noir et le sortent cinq minutes plus tard avec un méchant rhume. Chauffeur a du mal à repartir tellement il se marre. Ca roule à nouveau, puant la vinasse, l’autre théâtreux d’un coup raide silence, le journaliste qui prend l’air par la fenêtre. Trouver un zinc encore ouvert maintenant ! Ca tourne, on traverse la ville morte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trouvé (j’apprendrai par la suite qu’il s’agit d’un bar huppé fréquenté par le gratin des… juges et magistrats en goguette) ! Bon. Quasi-vide. Mais lumière, musique, et une poignée d’attardés qui tapent le carreau au comptoir. Là, mes zozos compères se gênent pas, alors pas du tout ! On se pose plein centre pleine salle et – oh stupeur chez moi !- le colombien déballe sous les spots ses dix grammes à l’aise, après avoir exigé une mousse. Quand même, je demande. Je veux savoir si ce type d’exagération est localement approprié – on me rit à la poire. Le journaleux se jette dessus la bibine et va quand même pas mieux ; le colombien concentré, comme s’il jouait avec des cacahuètes, façonne trois mignonnes petites lignes dont la longueur ne finit pas de m’étonner. Un bref instant, j’émets des doutes sur la capacité du palpitant à supporter pareil apport énergétique ; répondant par une sûre négative, je décide d’opter pour une fragmentation d’un bon tiers en ce qui me concerne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon c’est prêt, à table ! Quelque chose ? une paille ? Je sors un ticket métropolitain. Bien. Ca fait sourire, ça rend un peu curieux. Le colombien en avant ! Et le journaliste, et moi mon tiers. Ouaouf ! Ha. Le tenancier se pointe et en croit pas ses yeux du déballage, de la partie franche de snifette en plein cœur de son rade ! Il bégaye pas bien content, le gars, il tangue de surprise et puis de colère, n’y croit pas vraiment ! Le colombien retombé en raideur le regarde même pas, lui dit OK qu’on va dégager mais qu’on termine la mousse et qu’il se fait encore un trait parce que le bordel est déjà sorti sur la table. Et c’est exact que la table est jonchée, ça fait un peu maman qui prépare de la pâte sablée ! Mais le tenancier veut pas, et les gars du comptoir ont pas non plus des grands airs de joie… On décampe. Vingt mètre en contre-bas dans la rue. Là la couleur est donnée, les patrons sont des vrais de Colombie, des pas rigolards, des cicatrisés à histoires. Ici, pas besoin de consommer en salle : direction les chiottes, de suite en entrant après le bonsoir. Terra cognita ! Presque une file d’attente pour s’empiffrer les naseaux ! Les folles doses ! Respire un peu et m’en vais regagner ma couche, pas très net pas fier, la cervelle en mille et une étincelles.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116238347338293613?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116238347338293613/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116238347338293613&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238347338293613'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238347338293613'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/montevideo-un-six-novembre.html' title='Montevideo, un six novembre...'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116238291005514031</id><published>2006-11-01T13:06:00.000+01:00</published><updated>2006-11-01T14:12:45.740+01:00</updated><title type='text'>Variations photographiques</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/Variations%20Klimt%20I.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/Variations%20Klimt%20I.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Me retrouver devant ton portrait après trois jours de départ. Me retrouver. Devant, toi souriante dans un étrange aveuglement -ce picottement qui semble avoir, à l’instant du cliché, parcouru ta mâchoire puis froncé très légèrement tes sourcils : un citron dans lequel tu aurais mordu à pleines dents ! Je me retrouve face à cette douce grimace ; je te dis amusée un brin, songeant très fort, surprise en pleine formulation de voeux ... un secret capturé au moment où il volait devant toi. C’est presque un sourire, mais bien plus doux ; tu échappes à tout l’alentour, tu rejoins des terres vertes et vierges -où diable, ces paupières plissées vont-elles se détendre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me retrouver devant ton portrait. Je me dis que de tous ces tirages noir et blanc, c’est celui que je préfère, alors je commence par lui. Il est simple. Je me dis : « faisons un poème. Ou bien non, écrivons seulement une lettre et adressons-la lui. Non encore. Une lettre pour elle mais pour moi ; je ne l’enverrai pas, elle ne sera jamais lue, jamais oubliée ... Non. Il faut quelque chose de simple, qui glisse sans bruit, presque sans mouvement ... un geste, une musique sans instruments ni lignes de portée, une parole non dite qui ne pourra jamais ainsi être un jour déformée. Un baiser ; pourquoi pas ? Non. Le papier, c’est froid, bien trop pour une telle proximité. Non. Non ... ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Officiellement, je froisse ma page. Officieusement, je donne ordre aux petits signes noirs qui y sont collés de se tourner en d’autres danses, de s’éparpiller avec plus d’inspiration, de se remuer un peu. Je poursuis, je m’arrête, je fume, te jette des clins d’oeil invraisemblables et pratiquement indécents. Si je continue ainsi, je ne trouverai personne autre que moi ! -et quel domage serait-ce, de te rater au plus près ; mon oeil menteur sur ta mine prétenduement endormie ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on savait peindre ! là, ton sourire se fait plus large, d’un coup. Qui vient ? Qui est arrivé là ? On te cause couleurs, on murmure à ta porte en esquissant un mystérieux bouquet. Sûr, cela va te faire rire ! Imaginer que l’on puisse, que l’on sâche te couvrir d’huiles, contourer ton menton et tes mèches ondulant de plus à moins l’Infini ... charbonner tes lèvres, griser ta gorge et en plus, t’offrir des fleurs ... hé ! mais vraiment, qui va là ?! Voilà, ça y est, tu ris. Pas mal pour un début.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non. Rien ne colle. Froissons, recommençons ... pas envie de peindre, mon encre n’est pas assez forte à ces jeux, elle fixe mal. Et tu es très bien ainsi, pourquoi te redonner forme ailleurs, autrement ? Attends, reste encore un peu posée ici ; il faut que je fume. Le bouquet, on verra plus tard. Pour l’instant, laisse-moi seulement ta moue piquante et rieuse ; donne-moi de ce doux citron, un zest seulement, l’idée d’un soupçon ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * *&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Place Blanche passée au rouge du Moulin. Japonnaise, vas ! quelle espèce de mauvais jeux de mots me fais-tu faire ?! Est-ce parce que ça tourne, ou à cause des lumières, des néons ? C’est vrai ... le Moulin Rouge, c’est un grand manège, un caroussel pour essorer les adultes. Tu veux aller voir. Nous allons. A l’approche, le cabaret te plaît bien : on pose, tu gigottes, tes yeux s’arrondissent pour mieux capter le trop plein éléctrique de la façade. Une main dans les cheveux, un déhanchement, on redresse le menton, on tend le buste, clic-clac, deux russes et trois nippons te lancent des étincelles -en arrière-plan, les ailes continuent de tourner toujours rond et moi de sourire un poil. Quelques belles bagnoles, une pincée de vestons, des sacs à main vernis; pas loin, c’est Pigalle ... aux anges, ma Galatio-japonnaise ! Paris c’est sûr c’est ça !  « Viens, on s’approche encore, je veux voir l’entrée ... » Mais après une très sommaire inspection des photos seins-nus, soudain fort déçue, tu allonges la nuque, lances ton petit nez en avant et m’entraînes avec l’air de dire : « Allons voir Pigalle, c’est certainement plus décent ... ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;* * * &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pâleur ! -ces yeux qui semblent prêts de choir de leurs orbites ... quelle fatigue peut bien dissimuler ce visage ? En étranger, en visiteur curieux mais ignorant ( n’ayant au préalable lu aucun ouvrage, aucun guide sur la question ), je serais égoïstement tenté de me prononcer pour : lassitude. Quand même j’y devrais ajouter une miette de cette étincelle que les pupilles crachent ; sûr, un trop-plein de vie là-dessous; trop-plein par trop retenu par ailleurs ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai en souvenir peu de situations semblables. Tout au plus deux exemples, peut-être trois. Speculer devant une photographie n’est pas un exercice anodin ; on reste rarement collé, ne serait-ce qu’une demie heure, à une page de magazine. Quant aux clichés habituels, ceux que l’on sort plus ou moins régulièrement des armoires, ceux qui ont été semés un peu partout dans la maison, de la cheminée à la table de nuit, ceux couvrant des pans de murs, quant à tous ceux-là, ils n’ont jamais donné à écrire. A peine un regard, un clin d’oeil suffit en passant ; par la suite, c’est-à-dire excessivement vite, on finira par ne plus les voir du tout : ils font partie intégrante du décors, ils sont devenus -malheureusement pour moi- paysage ; et de ce simple fait, sont sortis de notre intimité. Donc, je possède trois exemples seuls de photographies m’ayant appelé à écrire. Je n’en causerai pas ; ce que j’avais à en dire, je l’ai écrit en son temps. Ces photos ne m’appartiennent pas davantage que ce qu’elles représentaient : ces hommes, ces femmes, ces choses qui les peuplaient, tous sont devenus fantômes ; ces spectres errent au fil de ma mémoire, s’y cachent et m’empêchent par de mystérieuses méthodes de les invoquer à ma guise ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela pour dire à quel point il est impossible d’écrire à une photographie ; moins encore pour une photo. Non. On écrit par appel de « la personne derrière » ( appel à la connaissance, au chant, à la mystification, au simple sourire, à l’attention ...) ; à l’appel du locataire des lieux  , celui qui a dépassé l’objectif de l’appareil pour saisir tout regard voulant l’être. Pour cette personne, oui, on peut être tenté de verser l’encre. Je le suis, donc, pour la quatrième fois en vingt-quatre ans. En un rapide calcul, j’en conclus que cela donne exactement une photographie tous les six ans -une photographie autour de laquelle poser des mots ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais une fois de plus, je me perds, et l’interessée, ce petit morceau de femme statique supposée être représentation de « toi passée un jour par là », déjà l’interessée est loin -trop loin de mes mots qui cependant ignorent tout de la géographie ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui sait ? peut-être devrais-je mieux retourner cette photographie, la dissimuler à mon propre regard ou simplement m’interdir d’y poser l’oeil pendant que je noircis des pages. Elle n’est qu’un départ, une origine pour mon court language ; certainement pas une fin, pratiquement pas un fil. Le conducteur n’est pas figé, il remue sans cesse ses formes, ses postures; dans mon crâne, rien de ce qui te concerne, pas une ombre de ce qui me lie à toi n’est immobile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toi absente pour moi se traduit encore sous la forme d’une équation ; c’est égal à  toi moins toi photographiquement  , donc, en résolution, à  toi perçue d’une manière absolument opposée à ta photo  : toi en pleine vie, en flagrant délit d’existence, de respiration ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ne pas rester sur ce cliché, aveugle à une certaine forme de toi présente, je force un double mouvement de mon être ; me rappelant ta silhouette sur le boulevard, en « extérieur nuit » ( comme on commente lorsqu’il est question d’image ...), je l’emballe de songes, de rêves fragmentés antérieurs ou postérieurs à l’instant photographique. Je prends ton image comme on découpe une ombre chinoise et, entre le pouce et l’index, je la baigne dans un bac imaginaire -où tout est mouvement, fluide, aisé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116238291005514031?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116238291005514031/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116238291005514031&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238291005514031'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238291005514031'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/variations-photographiques.html' title='Variations photographiques'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116238154809613355</id><published>2006-11-01T12:43:00.000+01:00</published><updated>2006-11-01T14:13:45.166+01:00</updated><title type='text'>Repasseuse</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/1886-repasseuse-et-son-Lord.jpg"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/1886-repasseuse-et-son-Lord.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Elle passe, repasse, arpente depuis des mois les couloirs, s’invite dans les bureaux au hasard des dossiers en cours. Brune comme un geais. Faite de pulpes, d’écumes sudistes. Pimpante dessous les traits charnus et alléchants d’un minois qui ne s’en laisse déjà plus compter comme ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa taille, élégant entonnoir sur lequel se cintrent ses jupes successives, semble décidément rire, inviter à saisir au vol, à étreindre en pleine fuite, à l’arrachée, sans dérobade possible. Elle danse sans exagérer, esquisse seulement quelques passes pour voir mais sans désir affiché d’être absolument aperçue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis des mois, elle hante les lieux. Et je commence seulement de l’observer. En coin, l’air de rien, mes a priori initiaux chutent mieux que feuilles en septembre. Je me la révèle sans qu’elle ne change miette dans les faits, en ses gestes. Doucement, mes yeux se l’approprient, chapardent sa silhouette aux pans de murs qui d’ordinaire reçoivent sa portée d’ombres mates. Elle sourit, boude somptueusement, sourit, paraît orchestrer le désir alentour comme une princesse Disney en ses bois. Je ne la remarque pas ; à retardement, elle me saute aux sens.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116238154809613355?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116238154809613355/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116238154809613355&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238154809613355'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238154809613355'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/11/repasseuse.html' title='Repasseuse'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116436081418517576</id><published>2006-10-05T10:32:00.000+02:00</published><updated>2006-11-24T14:06:08.256+01:00</updated><title type='text'>Du cliché au plan...au cliché</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6845/4133/1600/181133/bougie.gif"&gt;&lt;img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6845/4133/200/161278/bougie.gif" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Contre la torpeur des plaies, l’effroi généré par des projections pas roses, on a coutume de brandir l’instant présent. Pour gommer le plus grand nombre de souffrances possible, on oublie en bloc l’avenir et les heures révolues. A qui se lamente sur des événements éventuels potentiellement fâcheux, qui saigne depuis hier, on dit : reviens sur terre ! On dit : cicatrise et profite en attendant ! Carpe diem… On verra bien le jour venu ; et encore, pas sûr… Cons latins baratineurs ! littérateurs inconsistants, hommes et femmes ébouriffés de la cervelle, menteurs branleurs ! J’accuse ! moi aussi. Je demande réparation. De tout, des fausses routes, des belles phrases psychotropes, des chansons sans lendemain, des sonates gratuites, des hymnes à l’optimisme au jour le jour… Je nous dis coupables de mèche, frauduleux aveugles sourds, autruches consentantes avec préméditation. Carpe diem, en avant ! mais pas trop loin, pas trop noir. Laisser les temps morts derrière, dessous, reposer en paix… Il faut s’extraire du temps, consommer sur place son existence « minute ». Ne pas sentir à l’avance ni en retard. Faire avec, maintenant, comprendre sans chercher. Carpe diem, sans espoir sombre, sans remord ni regret. La fable. Serrer les molaires si quand même le jour est chargé, s’assoupir dans la confiance si l’instant promet. Le reste, au trou ! le reste, néant. Ce qui peut advenir de terrible, la peine qui a frappé, aux oubliettes. Carpe diem oui, enfin sauf si bobonne qui a misé sur les bons numéros de la Super Cagnotte nationale du vendredi treize et qu’elle n’a pas encore palpé ; que c’est question d’une semaine, d’un jour à l’autre. Savourer l’instant présent soit, mais le processus a ses clauses exclusives. Il n’est pas applicable au gosse qui, tournant en rond dans sa chambre à la veille de son anniversaire, entrevoit le vélo rouge sur lequel il ne peut pas aller… Là, l’espoir, l’attente, l’expectative sont tolérés, admis même comme bénéfiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l’autre, j’accuse, je dénonce ! J’accuse et moi et moi et moi. Moi pareil, dans la même barque, récitant de mes lèvres dociles le bobard versifié, partie prenante de la salade universelle. Saisir l’instant, l’apprécier, tu parles… Décortiquer, trier sa vie, la purger de ses ténèbres, se concentrer sur l’air qui gonfle là les poumons, la mésange qui siffle ses gammes, moi qui t’aime, toi qui m’aimes, nous qui nous aimons ; ah pfff… Carpe diem, c’est une invention de grands malades pour grands malades. Un registre du savoir vivre pour humanité handicapée. Je dis : baratin tordu, philosophie répugnante, erreur fatale. La vie à l’américaine : tout est possible mais rien d’atroce ; de l’optimisme cash blanchissant le plus lugubre passé, prohibant tout pronostique pas favorable. Saintes écritures d’Hollywood pour jeunes milliardaires amoureux bien portants. Carpe diem, le remède miracle pour patient cent pour cent sans soucis ! Perlimpinpin vaseux, poème pipeau, devise carton pâte ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cueillir la rose… l’air mignon, sage Ronsard nous fout dans le fossé. Je suis une cloche, un pantin crétin qui pour taire ses peines, ses frousses, pour comme tout le monde s’empêcher de hurler, tente d’étreindre le moment. Entendu : je presse le bouton, je conjure le malheur, la misère, la douleur et l’enfer ; j’éteins la mort comme un lampion. Et je veux si bien finir avec mes irrépressibles gémissements que je crois, que oui je chante moi aussi, que oui je ris, que oui je danse. Comme si la substantifique moelle tenait dans un tercet, un refrain, un entrechat, une bonne vanne. Je m’exerce, m’applique, me travaille tant et si bien que je parviens à survivre des jours entiers, des nuits sans crier « au désastre », « à la mort ». Je retiens mon souffle, insère tout mon être dans le moindre détail, fixe mon corps ma pensée. Je me mets en jeu, là, dans la seconde, cesse de geindre distrait par les reflets extraordinaires du pare-choc de la voiture garée devant la pharmacie. La pression de tes doigts sur ma nuque m’illusionne, comme les gouttes de pluie qui rebondissent molles sur le store lie de vin du bar tabac. Je m’arrête et me fascine. Tout le temps. Le cinéma, le film, me gobent. Dans une communion originale, l’air saturé de gaz d’échappements, l’effluve des égouts qu’on dégorge et le soupçon sucré de l’eau de toilette de cette passante se mêlent au parfum chaud du pain juste enfourné dans la boulangerie. Sur un poteau signalétique, ton œil se pose contre la troisième lettre d’une métaphore pacifiste bombée en bleu ciel. Dans une photo de vacances, je rencontre la sensation d’un bras mouillé saisi dans la mer. L’automne est là. L’instituteur hoche la tête et renonce à la dictée du matin. Un nuage en forme d’abeille. La texture d’un gant tombé par terre. Le vertige court qui te prend alors que tu te retournes pour répondre à un collègue de bureau. Le coup de pied usé de la chaussure droite de ce vendeur de marrons grillés. Sous tes ongles, l’écorce chaude d’un des marrons que tu lui as achetés qui s’insinue. L’acidité surprenante du jus d’orange qui émoustille l’arrière de la langue et les gencives qui semblent à ce contact se rétracter. La tiédeur étrange qui semble émaner du front de cette fille en bikini placardée dans le métro. Le son de la feuille d’impôts chassée de la table basse par un courant d’air… Je m’applique, me perds, ça marche. Pantin crétin. C’est pratique, pas seule théorie. Du mensonge dichotomique : à force de s’arrêter, de tailler du détail dedans l’existence, on ne meurt jamais, personne ne finit ! Et puis quoi ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis quand même ça revient. Carpe diem mon cul ! A moi les chiromanciennes diplômées avant et après, les imams reconnus siens par Dieu dès la naissance, les Nostradamus vus à la télé, les popes rédempteurs au forfait ! Vite, une gâterie de chez Proust et ça repart. Je sens le tracas pointer. Détail oui, pimenté aigre-doux, assaisonné dans le temps. Là, assis dans la salle d’attente d’un dentiste, l’œil scotché à la pile d’illustrés, je goûte le pin vernis d’un cercueil contenant des restes chers ; simultanément, je t’entends vieille, traîner d’infâmes sandales dans un couloir obscur, tousser à perdre haleine. Les géraniums de la jardinière du gardien d’immeuble sont inexplicablement indissociables de l’annonce tragique d’une infirmière de garde, et présagent inéluctablement d’une dispute définitive. Le détail avec son poids. Dans une bulle de Coca-Cola, l’émail dentaire étincelant d’une jeunesse de pacotille ; aussi le crâne fracassé du chat du voisin qui demain fumera sur le bitume, l’incompréhension odieuse de ton regard quand à deux ans, tu perds ta peluche favorite lors d’un départ en vacances. Delà le château pointu qui s’échappe par la fenêtre du train, la tâche d’huile d’olive qui s’étend imperceptiblement sur la nappe en papier, la grasse terreur d’un accident d’avion, l’insupportable moue d’un gamin errant sur le quai d’une gare de province… Carpe diem etc. Carpe diem avec ça ! Avec les roses, les ronces, les épines, le sang. Amen. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux voir un prêtre, un astrophysicien assermenté, un Prix Nobel de biologie moléculaire, un rabbin ermite, un templier en chef de l’ordre solaire… Je veux, moi, qu’on me donne des raisons ; des bonnes. De suite, dans l’heure, je veux qu’on m’annonce la couleur, que la télévision me traduise les grands mystères ; je veux consulter un guide, une encyclopédie, un expert, les Tables des Commandements, les parchemins de la Mer Rouge, le dernier rapport de la mission Pathfinder. Je veux regarder ma montre en paix ! Sans indigestion, la gorge claire, l’œil lavé. Comprendre pour me taire, pour dormir. Connaître et aller mourir un peu tranquille. Ah, amen. C’est cela.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116436081418517576?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116436081418517576/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116436081418517576&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116436081418517576'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116436081418517576'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2006/10/du-clich-au-planau-clich.html' title='Du cliché au plan...au cliché'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116435913692532698</id><published>2005-10-19T10:04:00.000+02:00</published><updated>2006-11-24T15:52:25.463+01:00</updated><title type='text'>Alentours du jardin d'enfants</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6845/4133/1600/93728/01-19-03.jpg"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/6845/4133/200/82810/01-19-03.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Le petit garçon doit avoir trois ans et poussières. Il a les cheveux châtain très clair, des joues pleines comme des pommes, des étincelles dans le regard présageant un beau petit emmerdeur. Il habite avec ses parents dans un joli petit appartement des quartiers aisés, un monsieur japonais s’occupe de lui à la sortie de l’école maternelle qui se situe à très exactement quarante-trois mètres soixante de son foyer. Ce n’est pas une école maternelle à strictement parler, mais un jardin d’enfants ; un jardin d’enfants privé, le jardin d’enfants de… l’O.N.U., caché à mi-pente d’une pittoresque impasse entre de magnifiques marronniers. C’est un lieu dans lequel on expérimente l’enseignement bilingue anglais-français, sans doute l’un des premiers du genre. C’est chic, avant-gardiste, à proximité du domicile, sans doute pas donné et bourré de bonnes intentions puériles en tous les sens du terme. Le petit garçon aime bien, on y fête Halloween, on le déguise en sorcier (l’avant-garde, c’est dire !), il récolte des bonbons. Sa maîtresse s’appelle Sally et le prénom, auquel il n’est pas habitué, lui fait penser à « salière ». La jeune-femme est grande et maigre, très douce, au teint blême et laisse en permanence pendre sa main gauche en tenant son avant-bras parallèle au sol. Signe de snobisme ou de bêtise ? l’enfant se contente d’observer. En fin d’année, un type se pointe en pleine classe pour distribuer des cadeaux : ce n’est pas le Père Noël, non, c’est Santa-Claus. La nuance n’émeut personne. Des gosses fondent en sanglots terrorisés, d’autres tentent de chiper à même la hotte. C’est le père du petit garçon qui est volontaire déguisé de l’année et tout coule jusqu’à l’instant logique où une gamine entreprend de tirer sur sa fausse barbe, comme dans un film exactement. L’attendrissement déborde, dégouline, suinte de partout. La joie facile et ambiante est résolument anglo-saxonne. C’est ainsi, doux, bien, sans excès, rectiligne, équilibré, sans grand bruit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin, en cours d’année, la maîtresse présente un nouveau petit compagnon à la classe. Un enfant étrange, particulier. Il ne parle presque pas, sautille plutôt qu’il ne marche et bave beaucoup. L’une de ses épaules est nettement plus haute que l’autre et son bras, du même côté est recroquevillé, rabougri. Le petit garçon, si bien avec tout le monde, si enjoué, si vif, aux progrès « exceptionnels et prometteurs », n’aime pas le nouvel arrivant. Il le trouve sale, très sale. Un matin, dans la cour de récréation, il le lui dit. Il lui lance aussi un seau d’eau au visage pour le laver. L’incident fait peu de vagues, les mamans respectives ne sont, selon toute probabilité, non pas convoquées, mais simplement informées des faits par l’éducatrice. La mère du fautif s’excuse, affiche et affirme sa gêne, tente sans doute de trouver quelque propositions compatissantes et bienveillantes à l’égard de la mère de la victime. Peut-être l’invite t-elle à dîner à la maison, ou lui propose t-elle maladroitement mais sincèrement d’essayer un goûter avec les enfants. Elle ne réprimande pas non plus directement son enfant, parce qu’elle considère son geste comme irresponsable, elle esquisse avec lui un travail de compréhension, d’explication. Parce que son enfant est intelligent, parce qu’il est un enfant, parce qu’il est bien avec tout le monde, la mère ne sait pas envisager une mauvaise intention de sa part. L’explication qu’ils ont ensemble permet une ouverture sur des notions importantes que la mère souhaite greffer au plus tôt dans l’éducation de son fils : la différence, la tolérance, etc. C’est ainsi. Ce n’est finalement pas si mal. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la chambre du petit garçon, le père, designer de profession, a construit une énorme bâtisse en forme de triangle rectangle qui occupe environ soixante-dix pour cents de l’espace de la pièce. L’espèce de vaisseau spatial, curieux assemblage de bois et plexiglass, est divisé en trois blocs qui tiennent respectivement office de bureau à dessiner, de salle de jeux miniature et de lit. Le passage d’un élément à l’autre se fait au moyen de petits sas et d’échelons ; c’est l’époque de 2001, l’odyssée de l’espace. Tout au-dessus du lit, qui se situe dans la pointe du triangle, on a tendu un tissu parsemé d’étoiles imprimées en bleu marine sur fond blanc. Souvent, l’enfant, une fois couché et la lumière éteinte, quitte son lit parce qu’aux étoiles, il préfère le spectacle des phares des voitures tournant à l’angle de la rue et qui détachent du plafond les stries parallèles des volets. De jour, par la fenêtre, il peut apercevoir son école, en automne et en hiver seulement, parce que le reste de l’année, le feuillage de grands arbres – peut-être également des marronniers- occulte la vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A la cuisine, dans une jardinière, la mère cultive méticuleusement quelques tomates, pour passer le temps ou par pédagogie. Le soir, elle allume un poste de télévision noir et blanc et l’enfant regarde Zorro, un cavalier surgit hors de la nuit et court vers l’aventure au galop, après le bain, avant le dîner. Le mercredi, ils vont ensemble se promener non loin, principalement au Square des Poètes ; ils disent « on va aux poètes » un peu comme on dirait « on va aux champignons ». D’ailleurs, le petit garçon aime beaucoup la pluie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les parents sortent épisodiquement le soir, probablement pour fréquenter d’autres parents. Peut-être pour honorer quelque invitation à dîner chez des collègues du père, alors en pleine ascendance professionnelle au sein d’un grand groupe informatique américain fraîchement implanté en France. Le petit garçon est gardé par une jeune-fille qui doit friser la vingtaine, l’amoureuse d’un frère de la mère qui rend service et gagne ainsi de quoi acheter des cigarettes, se payer le cinéma, qui sait, de quoi consommer quelques grammes d’herbe parce que c’est la mode. Elle a de très longs cheveux, un très joli corps. Le petit garçon apprécie beaucoup les sorties de ses parents, il délaisse volontiers les tribulations du justicier masqué et les déboires du sergent Garcia pour des jeux subtilement orientés avec sa baby-sitteuse. Officiellement, c’est « les cow-boys et les indiens ». Sexuellement, parce qu’il ne s’agit pas d’autre chose, c’est : rampons ensemble à travers l’appartement, cachons-nous, attrapons-nous, étreignons-nous en riant. Il a trois ans et miettes et ce qu’il adore par-dessus tout, c’est sentir, oui oui, lorsqu’il se trouve capturé par l’indienne (lorsqu’il se laisse capturer, feignant déjà consciemment de se débattre) la chaleur de son haleine, la rondeur de ses seins contre lesquels il est délicieusement pressé, la forme des dents avec lesquelles elle le mordille pour le chatouiller et, cerise absolue sur le gâteau, le pendentif parant sa gorge prometteuse et inaccessible – une pomme croquée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces souvenirs sont autant des images très précises que je garde de cette époque lointaine, que des états d’être profondément conscients. Je veux dire par là que je conserve encore de ces instants, de ces années, non seulement l’enveloppe visuelle, mais surtout de sporadiques flashs de ma conscience d’alors. Cette sorte de petits films, que j’ai la faculté de me repasser, quasiment de revivre partiellement – au moins sur certains plans tels que les odeurs ou les bruits, me laisse chaque fois une curieuse saveur. Cette saveur, douce-amère, certainement très commune mais délicate à nommer, est celle de l’enfant qui sait sa perte en mouvement. C’est le goût pas terrible de sa propre fin, de son intime et incurable imperfection. C’est : depuis le tout début, la lumière décline. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un matin, puis deux, puis trois, le petit nouveau que j’avais aspergé n’est pas revenu à l’école. Je crois que cela m’a semblé être une bonne idée, et puis très vite j’ai oublié. Lui, sa saleté, mon geste. On m’a raconté bien plus tard, c’est comme ça. Sa mère, américaine d’une rare beauté, vivait seule avec lui. A la naissance du petit, ne supportant pas la paralysie de son fils (et/ou la maladie, je l’ignore), le père s’était enfuit sans un mot. Ils vivaient tous les deux. Une nuit, la belle américaine (avait-elle bu, était-elle en proie à une bouffée déprimante, était-elle lasse de lutter ?) a réveillé son enfant, ils sont descendus dans le garage et se sont installés tous les deux dans leur voiture. Elle a mis le contact, est passée sur la banquette arrière, a pris son fils dans les bras (peut-être dormait-il ? peut-être s’est-il aussitôt rendormi ? peut-être a t-elle pleuré ? peut-être pas ?). Le tuyau d’arrosage reliant le pot d’échappement du véhicule et l’habitacle par une fenêtre a fait le reste. C’est ce qu’on m’a dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je revis ces instants, ceux que j’ai vécu, les autres, annexes liées à mon parcours, faits quasi-parallèles qui ont malgré tout pesé dans le cours de mon existence. Je les brode en doublure de ma vie, comme pour mieux me convaincre d’une certaine épaisseur, à la fois protectrice et justificative. Douceur dessus aigreur, honte dessus compréhension, excitation sur peur… Je brode ce tas d’événements sur mon présent pour les comprendre, sans nulle fois y parvenir. Et dans cet échec perpétuel, la bouche pleine de salive âcre, je ne sais rien faire d’autre que baver et gémir. Ca n’est pas sérieux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116435913692532698?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116435913692532698/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116435913692532698&amp;isPopup=true' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116435913692532698'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116435913692532698'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2005/10/alentours-du-jardin-denfants.html' title='Alentours du jardin d&apos;enfants'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36903000.post-116238249540991477</id><published>2005-06-04T13:00:00.000+02:00</published><updated>2006-11-01T14:14:29.573+01:00</updated><title type='text'>Petite promenade en gros plan</title><content type='html'>&lt;a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/1600/ballerine.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/ballerine.jpg" border="0" alt="" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Sortie tout droit d’une boîte à musique grand siècle, mais dépourvue du sourire niais qu’arborent les ballerines sur l’estrade, la silhouette semblait encline aux présentations. On l’attendait en l’épousant du regard et le moindre trait du plus subtile champagne, de celui que l’on sert à l’entracte au premier étage du palais Garnier, ne serait parvenu à distraire. Elancée, pâle comme un hôpital, relevant avec une distinction exagérée les pans d’une robe de plastique, la drôle de danseuse jouait l’aguicheuse,impromptue. Seule sur un fond de rideaux entr’ouverts, de tristes tringles aux épingles manquantes, de tas de godasses multicolores jurant avec la blancheur dominante, elle campait là, frêle, caractère de comptine improbable, affriolante et froissée. Chirurgienne splendide, assistante dentaire fatale, infirmière virée du bloc pour cause de fou-rire inapproprié, madone sans diplôme d’une maternité en déroute. Avant l’ouverture du balais, à l’heure où le chef d’orchestre rassemble ses troupes, où les derniers accords chuchotés se rencontrent dans la fosse noire, elle s’était avancée à peine hésitante. Des alentours immédiats émanaient des fragrances de vieille toile florentine. L’élégance presque rédibitoire du blanc des linges exhibés se fondait au clair-obscur d’autres lieux, dissimulés entre les plis des voiles ; une kyrielle de seconds plans de suite imaginés puis très vite perçus par l’œil avide de s’égarer. Il y avait bien des mystères, bien des endroits secrets, au creux du petit miracle. On s’enfonçait dedans l’image, capté par l’onde des ombres gentiment abrutissantes, admirablement absorbé par le zoom d’espaces insoupçonnés. L’infiniment petit sur un air de Fra Angelico, la quiétude perturbante d’une chambre figée transpercée de toutes parts par d’imperceptibles courants d’airs ! Un cloître étonnant, peint juste pour elle, juste pour sa pose et ses bottes et sa façon trop légère de se présenter masquée et insouciante face à l’infini… Ecrin bizarre pour voltigeuse fixe, l’espace perméable à toutes promenades semblait promettre une clé merveilleuse, un nombre d’or inouï. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans courbette, elle se présentait ainsi, ses bras gainés pareillement à sa parure plastique en délicieux triangles symétriques, son cou, que l’on devinait fragile et net dessous l’habit de pacotille, haut de port comme toutes les danseuses d’opéra du monde. Ses bottes de caoutchouc, dans leurs disproportions immaculées, dessinaient un pas Charlot, dont la parfaite trajectoire trahissait une culture cinématographique et un esprit de mise en scène aigus. Intelligence outrancière de la pose ! Passe-passe humiliant pour l’âme simple d’un bonheur visuel pointilleusement concocté, l’étoile-ouvrière, diva plastoc sans tâche, s’affairait immobile à faire perdre la tête… Elle, conte charnel emballé pour somnambule insomniaque, derviche farceur, pégase cyniquement docile n’attendant qu’une caresse pour agir et tout éteindre et tout chambouler et ruer trois tours et mettre la poudre aux yeux et l’escampette pour tout rebâtir ailleurs et plus loin…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la précision intangible, un frisson un tantinet coquin qui ne donnait pas son nom et pourtant courait chaque ligne, embrassait la moindre fuite, liaient subitement le spectacle offert au visiteur hasardeux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36903000-116238249540991477?l=confettis-quiet.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/feeds/116238249540991477/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36903000&amp;postID=116238249540991477&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238249540991477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36903000/posts/default/116238249540991477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://confettis-quiet.blogspot.com/2005/06/petite-promenade-en-gros-plan.html' title='Petite promenade en gros plan'/><author><name>Rudolf Quiet</name><uri>http://www.blogger.com/profile/08085095784786651402</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://photos1.blogger.com/blogger/6845/4133/200/DSCN0087-01.2.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry></feed>
